Vivre ensemble dans les zones transfrontalieres

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Vivre ensemble dans les zones transfrontalieres

République et Canton de Neuchâtel

Communauté pour l'intégration
et la cohésion multiculturelle

Vivre ensemble dans les zones transfrontalières

La frontière comme trait d’union

A l’initiative de la Communauté pour l’intégration et la cohésion multiculturelle (CICM), d’arcjurassien.ch et de l’Amicale des frontaliers, une vingtaine de personnes se sont réunies jeudi 7 décembre à l’Ancienne Poste du Locle pour discuter du vivre ensemble dans la région de l’agglomération urbaine du Doubs. Des deux côtés de la frontière, responsables politiques, administratifs, acteurs culturels et associatifs ont dégagé plusieurs pistes d’actions que les organisateurs vont creuser avec pour objectif d’œuvrer à dépasser les stéréotypes des deux côtés de la frontière.

Préoccupés par les stigmatisations provoquées par la méconnaissance des réalités transfrontalières, la CICM, arcjurassien.ch et l’Amicale des frontaliers ont décidé de réunir plusieurs acteurs actifs dans la région transfrontalière du Doubs avec pour objectif d’échanger sur le vivre ensemble au travail, dans les loisirs et dans les espaces de consommation de la région.

En introduction, Roland Debély, président de la CICM, a exprimé l’importance de ne pas laisser se développer les critiques, les stéréotypes ou les stigmatisations et de réagir avant que les sentiments de rejet ne se banalisent. A sa suite, Cédric Duchêne-Lacroix, sociologue de l’Université de Bâle spécialiste des questions d’identités transfrontalières, a eu l’occasion de revenir sur plusieurs clichés et de démontrer que si les faits les démentaient, les émotions prenaient souvent le dessus dans les discussions. En effet, comme l’a rappelé le conseiller d’Etat Jean-Nathanaël Karakash lors de la conclusion de la matinée, si la frontière est un facteur de croissance démographique et économique, cette réalité objective n’est souvent pas ressentie comme telle par la population. Porter un discours commun unificateur est dès lors essentiel.

A l’issue des ateliers portant sur les espaces de travail, de loisirs et de consommation, a été relevée l’importance de thématiser cet espace d’appartenance commun, traversé par le Doubs, et dont le patrimoine devrait être mieux valorisé des deux côtés de la frontière. La nécessité d’une meilleure communication est ressentie comme un besoin unanimement partagé: communication sur ce qui existe déjà mais est insuffisamment valorisé ainsi que sur les complémentarités à trouver entre les actions mises en place en France et en Suisse. La communication pourrait notamment passer par un site internet ou par un livret transfrontalier. Celui-ci, sorte de guide du vivre ensemble, pourrait être distribué dans les entreprises, les lieux de consommation ou les administrations communales et comporter des informations sur les espaces de vie commun, mais aussi sur les habitudes respectives et le savoir-être français ou suisse. Les entreprises sont apparues comme étant le lieu idéal qui permettrait de travailler le lien social, pour autant qu’elles jouent le jeu et créent des incitations.

Le stéréotype, souvent rapporté, du frontalier qui travaille en Suisse mais ne consomme pas semble être contredit par différentes études qui démontrent qu’ils participent aussi à la vie locale côté suisse. Mener une étude approfondie sur les habitudes de consommation des deux côtés de la frontière pourrait être intéressant, comme l’a souligné l’un des groupes de travail.

Enfin, l'idée de travailler sur le sentiment d’appartenance à une région transfrontalière en sortant des sentiers battus par le recours à l'humour et la dérision est une voie à explorer. Un travail avec des groupes de théâtre pourrait ainsi être lancé, qui mettrait en lumière les attitudes, stéréotypes et contradictions des populations de part et d'autres de la frontière.

Pour de plus amples renseignements:
Pagnot Valérie, Juriste, Amicale des frontaliers, tél : 06 30 36 55 08

Neuchâtel, le 8 décembre 2017