« D’ici 2050, 38 000 logements seront nécessaires » : deux zones du Doubs particulièrement en tension
En Franche-Comté, 38 000 logements seraient nécessaires pour répondre aux besoins d’ici 2050, selon une étude de l’Insee. Une situation multifactorielle accentuée dans le secteur de Besançon ou vers la frontière Suisse, qui pose la question de l’adaptation du parc de logements sur l’ensemble du territoire.
« Si les tendances socio-démographiques récentes se poursuivent, d’ici 2050, 38 000 logements seront nécessaires pour répondre aux besoins en Franche-Comté », explique Patrice Perron, chef de projet à l’Insee Bourgogne-Franche-Comté. Des chiffres tirés d’une étude qu’il a menée avec ses équipes, en collaboration avec la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Bourgogne-Franche-Comté (DREAL), publiée le 15 octobre qui font état d’un besoin de 92 000 logements à l’échelle de la Bourgogne-Franche-Comté. Selon elle, « les besoins seraient moindres que par le passé, mais plus concentrés à certains endroits ». Parmi les zones les plus concernées : le secteur de Besançon et la bande frontalière avec la Suisse.
Selon l’étude, cette situation est expliquée par plusieurs facteurs. Parmi eux, l’évolution du nombre de ménages, terme sociologique pour parler de l’ensemble des occupants d’un même logement. Celui-ci pourrait augmenter jusqu’aux années 2030, puis diminuer. En cause : le vieillissement de la population, la baisse de la natalité et l’augmentation du nombre de familles monoparentales. Ces besoins seraient également expliqués par la résorption du nombre de personnes en situation de non ou mal-logement. Enfin, pour Patrice Perron, « l’augmentation du nombre de résidences secondaires, souvent acquises par succession, ainsi que le nombre de logements vacants de courte durée » sont aussi des facteurs à prendre en compte.
« Le logement social joue un rôle central »
Pour répondre à ces besoins, plusieurs solutions peuvent être envisagées. D’après Patrice Perron, « il faut essayer au maximum de transformer au lieu d’investir de nouveaux espaces. Par exemple, dans le secteur de Métabief, il y a une mobilisation des résidences secondaires ou vacantes, pour les frontaliers ». En 2023, 60 000 habitations étaient vacantes dans la région, selon l’Insee. Autre solution : diviser les biens. Un projet déjà effectué dans la région, où certaines fermes comtoises sont transformées en plusieurs appartements.
Pour la directrice régionale de l’Insee BFC , Christine Chambaz, « le logement social joue alors un rôle central pour répondre aux besoins personnes en situation de non ou mal-logement ». Parmi elles, les personnes sans-abri, vivant à l’hôtel, en centre d’hébergement, au sein du domicile familial ou chez un tiers. Mais également les ménages qui habitent des logements jugés indignes ou qui ne peuvent être rénovés. D’après l’Insee, en Franche-Comté, 7 000 ménages sont actuellement sans logement à eux et 700 résideraient dans des logements indécents. En matière de logements sociaux, les besoins sont étendus à tout le territoire, bien que la demande soit plus forte à proximité des agglomérations.
Limiter l’investissement de nouveaux espaces
Pour combler ces besoins en matière de logements, la prise en compte du parc existant est indispensable, depuis la loi « Climat et résilience » de 2021. Alors que l’habitat représenterait actuellement « plus de 60 % de la consommation d’espaces naturels, agricoles ou forestiers », le gouvernement a posé un objectif de Zéro artificialisation nette (ZAN) des sols d’ici 2050. Objectif : mieux prendre en compte l’impact sur l’environnement, de la construction et de l’aménagement du territoire. Pour cela, l’étude l’affirme : « Mobiliser les logements vacants et les résidences secondaires permettrait de couvrir un quart des besoins en logements à l’horizon 2040 ».
source : https://www.estrepublicain.fr/economie/2026/10/16/logement-des-besoins-qui-se-reduisent-mais-accentues-dans-plusieurs-secteurs-de-la-region
auteur : Louise Clerget
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