30/09/2026

Frontaliers. En Suisse, les Français occupent plus d'un emploi sur cinq dans l'Arc jurassien

Frontaliers. En Suisse, les Français occupent plus d'un emploi sur cinq dans l'Arc jurassien
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Une étude de l'Observatoire statistique de l'Arc jurassien, observatoire franco-suisse, révèle que le nombre de travailleurs frontaliers dans le massif du Jura a plus que triplé depuis 2006. Des travailleurs qui viennent de plus en plus loin.

C'est un organisme de coopération statistique, piloté par l'INSEE Bourgogne-Franche-Comté et le service de statistiques du canton de Neuchâtel et Statistiques Vaud. L'observatoire statistique transfrontalier de l'Arc jurassien (OSTAJ) a publié cette semaine, une étude sur les travailleurs frontaliers du massif jurassien. En 20 ans, leur nombre a plus que triplé. Ils ne vivent plus forcément le long de la frontière. 

Une explosion du nombre de frontaliers

Au premier trimestre 2026, l'OSTAJ recensait ainsi "près de 75 000 travailleurs frontaliers", "contre 23 400 en 2006". C'est pendant la période post-covid que le nombre de frontaliers a le plus rapidement augmenté : + 10,4 % par an, soit un passage "de 56 300 à 72 100 [frontaliers] en deux ans et demi", détaille l'étude.

Mais le rapport note que cette augmentation très forte a été suivie d'un fort ralentissement depuis 2023, probablement du fait d'une croissance ralentie. En 2025, le PIB de la Suisse a augmenté de 1,6 %.

Dans les zones frontalières de la suisse, les travailleurs frontaliers occupent entre 1 emploi sur 4 et un emploi sur 5. Ils "occupent 24.5 % des emplois dans le Haut-Jura – Vallée de Joux, 23.9 % dans les Parcs du Doubs et l’Agglomération urbaine du Doubs, et 22.7 % dans le Nord Franche-Comté – Canton du Jura", précise l'étude.

Le secteur de l'industrie, et en particulier de l'horlogerie, représente le principal employeur des frontaliers : 32 % des frontaliers y travaillaient. C'est moins qu'en 2006, elle employait alors 46 % des frontaliers. Principalement parce que d'autres secteurs ont progressé plus rapidement : le secteur des services aux entreprises emploie 15 % des frontaliers, et celui de la santé et du social 13 %.

Des frontaliers venus de plus loin

Si la majorité des frontaliers vivent dans l'un des quatre "territoires de coopérations", des secteurs autour de la frontière, ils sont de plus en plus nombreux à venir de plus loin. "La croissance du travail frontalier s’accompagne d’un élargissement géographique des mobilités", estime l'étude.

Ainsi, ils sont 58 % à vivre côté français et à travailler côté suisse du Nord Franche-Comté - canton du Jura, du Parcs du Doubs et Agglomération urbaine du Doubs, de l'Aire de proximité Mont d'Or - Chasseron, et du Haut-Jura - Vallée de Joux, contre près des trois quarts il y a vingt ans.

Ils sont plus de 28 000 frontaliers à vivre au-delà de l'Arc jurassien (qui comprend Besançon), mais à travailler dans cette zone côté suisse. Et plus de 3 100 d'entre eux transitent par ces zones, mais vivent et travaillent au-delà, de part et d'autre de la frontière.

C'est au nord et au sud du massif jurassien que les Français sont les plus nombreux à venir de loin pour travailler en Suisse près de la frontière. Ainsi, 27,6 % des frontaliers qui travaillent dans le Canton du Jura vivent plus loin que l'Arc jurassien. Dans le sud du massif, 60 % des frontaliers de la Vallée de la Joux vivent désormais en dehors de l'Arc jurassien. 

source : https://france3-regions.franceinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/besancon/les-travailleurs-frontaliers-franco-suisses-trois-fois-plus-nombreux-qu-il-y-a-20-ans-dans-le-massif-du-jura-3423719.html
auteur : Johanna Albrecht
crédit image : Adobe Stock